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En bordure de plateau, sept danseur·euses s’alignent. Cheveux plaqués, justaucorps clairs, guêtres noires et silhouettes filiformes : rien ne dépasse chez les clones de Sharon Eyal. Mi-vêtus, ces interprètes athlétiques hypnotisent par la précision de leurs mouvements comme par leur ressemblance. Une électro rageuse envahit soudain l’espace et voilà qu’un cri résonne d’un côté et qu’un corps se révulse de l’autre, le visage figé dans l’effroi. Sont-ce là les ravages de cette si plastique conformité ?



Ode à la synchronicité, à l’uniformité et à ce qui lui échappe, Love Chapter 2 s’ajoute à d’autres travaux sans rature de la chorégraphe Sharon Eyal. Dans cet ensemble uni, un élément s’autorise toujours quelques sorties, un geste bref, pour mieux rejoindre ses six acolytes. Mais on le sait : se conformer coûte, s’ajuster est une petite violence, et tout pas de côté peut signer le bannissement. Une tension qui s’esthétise et se danse à merveille sous l’écriture de l’Israélienne issue de la Batsheva Dance Company. Si la performance oblige par sa rigueur technique, un vide demeure et c’est normal. Ici, le monde est nu et les personnages n’ont pas besoin d’autres paysages qu’eux-mêmes, qu’importent les scénographies démonstratives et autres grands tableaux dystopiques du moment.


Love Chapter 2 de Sharon Eyal et Gai Behar, a été présenté du 6 au 8 février dans le cadre du festival Faits d’hiver à l’Espace 1789, Saint-Ouen-sur-Seine

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