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Dans cette œuvre composée en 1745 sur un livret de Adrien-Joseph Le Vallois d’Orville d’après Jacques Autreau, Platée est une nymphe batracienne qui règne sur les marais. À cause de sa supposée laideur, la malheureuse devient l’héroïne d’un « ballet bouffe » qui la voit se ridiculiser et punir pour avoir souhaitée être désirée.

 

Cette vaine bataille pour quitter sa position de mal-aimée constitue les trois actes de l’intrigue. Dès le prologue et dans un décor imitant les gradins d’une salle de spectacle, le metteur en scène Laurent Pelly s’amuse des sièges assignés à chacun en faisant s’assoir et se lever maintes fois les chœurs poursuivis par des satyres et ménades transformés en placiers intransigeants.

 

Dans le même esprit virevoltant, les trois actes suivants voient Platée manipulée par Jupiter, avec la complicité de Mercure et Cithéron dans une comédie concoctée par le poète Thespis d’Icare, considéré comme l’inventeur et le premier acteur de la tragédie grecque. Celui-ci emporté par l’ivresse et accompagné par la muse Thalie et le dieu Momus n’hésite plus à proclamer sa liberté créative en chantant « Cherchons à railler en tous lieux, soumettons à nos ris le ciel et la terre, livrons au ridicule une éternelle guerre, n’épargnons ni mortels, ni dieux », un air très irrévérencieux pour un opéra commandé à l’occasion du mariage du fils de Louis XV, avec l’infante espagnole Marie-Thérèse.

 

L’insolence nécessaire au ballet bouffon et la violence de l’assignation de classe sont deux paramètres que Laurent Pelly metteur en scène mais aussi costumier inventif – ses déguisements de grenouilles sont formidables – métabolise pour magnifier un spectacle ébouriffant de bout en bout. À l’aide des chorégraphies contemporaines très dynamiques de Laura Scozzi, grâce aux ressources vocales extraordinaires de la soprano Julie Fuchs qui délivre un formidable air de la folie au second acte mais surtout à la présence et à la voix magnifiques du ténor Lawrence Brownlee, la soirée devient contagieusement folle. Cinquième reprise d’un opéra créé en 1999 au Palais Garnier par le chef d’orchestre Marc Minkowski et les musiciens du Louvre, Platée prouve une fois de plus son audace et réjouit encore son public qui n’en finissait plus d’acclamer ses chanteurs et danseurs dès le rideau tombé en cette fin de saison.

 

 

> Platée de Jean-Philippe Rameau, jusqu’au 12 juillet à l’Opéra de Paris