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« Ce n’est pas une danse, c’est une conviction » lance un danseur face caméra dans le Los Angeles des années 1990. Réunis dans le documentaire Rize de David Lachapelle, ces corps exultant, en streetwear, encadrés par la ville et les grillages, sont les premières images de « Krump » que découvre en 2005 Anne-Marie Van, dite Nach. Dans les sous-sols de la Fondation Cartier, avec sa conférence dansée Nulle part est un endroit, la danseuse fait entrer cet art urbain à l’intérieur même de l’institution parisienne. Muscles découpés, jogging pistache et baskets blanches, elle s’est fixée comme horizon de dégainer son histoire et de nous donner les clés pour lire la danse qui l’anime.

« Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise » ou en français « un royaume radicalement surélevé par une louange puissante ». Voilà la phrase plutôt énigmatique qui se cache derrière l’acronyme « Krump », révèle Nach, enveloppée de lumière. Née dans le quartier pauvre de Watts, cette pratique d’apparence agressive est surtout une danse de transformation de la rage, de la misère, de la violence des guerres de gangs, des émeutes et des trafics de drogue. Sur le son d’un beat lancinant, Nach frappe un pied au sol, ramène ses bras vers son ventre et donne un coup sec de la poitrine. Depuis sa première rencontre en 2008 avec des krumpers de Lyon, réunis sur le parvis de l’Opéra, à force de pratique et de battles, elle comprend comment cette discipline tire toute son énergie du sol – « un allié qui ne bouge pas » –, la charge vers le centre du corps pour la propulser vers l’extérieur. Elle raconte aussi comment les danseurs parlent avec les avant-bras « un vrai langage des signes ».

 

Nach, Wounded, Wrestler et Mulunesh en freestyle krump dans les salles d'exposition de la Fondation Cartier p. Edouard Caupeil

 

Tout au long de cette conférence dansée à la rythmique bien agencée, alternant précision nécessaire de vocabulaire, images d’archives des débuts de la danseuse ou plans plus contemplatifs, Nach nous montre, nous explique. Puis elle nous attrape et nous emmène avec elle vers ce « nulle part » ou cet « ailleurs ». Un endroit chorégraphique qu’elle est allée chercher en quittant sa famille Krump pour apprendre d’autres danses. Tout le récit dont la danseuse tire avec justesse et précision les fils, peut aussi se lire dans ses créations pour les théâtres : son remarqué solo et rite initiatique Cellule (2017)1 ou sa pièce Beloved Shadows (2019) dans laquelle elle fouille les zones d’ombres de sa sensualité. Alors que ses bagues et bracelets argentés tintent quand elle esquisse des pas de flamenco, de butô, de danse baroque ou classique, elle boucle le voyage par un seul geste qui revient à son premier amour. Avant d'être rejointe pour un freestyle par Wounded, Wrestler et Mulunesh, trois autres krumpers spécialement conviés pour l’évènement, Nach claque une dernière fois son pied fort sur le sol : « Surtout n’oubliez pas : ça c’est un stomp ! ».

 

1. lire la critique de Cellule sur Mouvement.net

 

> Nulle part est un endroit de Nach a été présenté le 14 mars à la Fondation Cartier, Paris dans le cadre des Soirées Nomades ; le 24 mars à Espaces Pluriels, Pau ; le 25 mars à la Salle du Temps Libre, Monein ; conférence dansée en accès libre sur Numéridanse.tv dans le cadre des 10 ans de la plateforme

> Cellule de Nach les 31 mars et 1er avril à POLE SUD, Strasbourg

> Beloved shadows de Nach les 29 et 30 mars à POLE SUD, Strasbourg

> Les Soirées Nomades de la Fondation Cartier pour l'art contemporain prochaines programmations les 28 mars, 11 avril, 25 avril et 2 mai