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À l’opéra Bastille, le soldat Woyzeck commet le féminicide en assassinant sa compagne Marie sur l’éclatante partition d’Alban Berg et dans la sombre dramaturgie expressionniste de William Kentridge. Au Palais Garnier, un père et ses enfants se déchirent à l’occasion des funérailles de leur épouse et mère. Dans A Quiet Place, l’un des deux seuls opéra du compositeur Leonard Bernstein, on admire la précision de sa mécanique musicale, si particulière. Elle prend toute sa puissance grâce à la dynamique propre à la mise en scène de Krzysztof Warlikowski.

Si, dans cette version remaniée par Gareth Edwin Sutherland pour le Palais Garnier, l’opéra rappelle, grâce à sa courte durée, 1h 40, la séduction du format cinématographique, les incessants dialogues et les ruptures sonores rendent l’écoute beaucoup plus aride que celles des autres compositions de l’auteur. Ici peu de sonorités empruntées au jazz, voire aux musiques populaires qui construisent l’univers habituel du compositeur. A quiet place se rapproche davantage, y compris dans l’écriture pour chœur, de Schönberg et de l’école de Vienne : pleines de motifs très courts et de dissonances, la partition est une métaphore parfaite des désaccords familiaux. Cependant grâce à la direction extraordinairement précise du maestro Kent Nagano tout semble fluide et les voix restent harmonieuses même dans leurs écarts, particulièrement celles de la soprano Claudia Boyle (Dede, la fille) et de la basse Russel Braun (Sam, le père). Un seul regret, tous les chanteurs portent le masque et cela nuit fortement à l’empathie que l’on peut avoir pour les sentiments de leur personnage.

Quant à la mise en scène et grâce aux artifices qui font le style de Krzysztof Warlikowski, elle parvient toujours à maintenir la tension du regard et de l’écoute. Les corps sont en état d’alerte permanent. L’ajout de comédiens silencieux, ici la mère Dinah dont l’accident de voiture s’avère être un suicide, les costumes déjantés, baroques et sensuels comme ceux de Junior ou encore la cohabitation du présent et du passé forment toujours un ensemble captivant. À l’exemple de cette magnifique scène de disjonction temporelle du troisième acte où sur le plateau divisé en deux espaces, l’on peut voir, la présence silencieuse du fantôme de Dinah qui de sa chambre observe la neige tomber à gros flocons, tandis que, la pluie fait rage à l’extérieur du salon où Dede, Junior et François se réconcilient enfin avec Sam qui, longtemps, n’a pu accepter l’homosexualité de son fils et la bisexualité de son gendre.

 

A Quiet Place de Leonard Bernstein, mise en scène de Krzysztof Warlikowski, du 7 au 30 mars à l’Opéra de Paris, Palais Garnier