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Moscou, 1682 : une insurrection militaire agite les rues de la grande ville. Ceux que l’on nomme les streltsy – corps militaire russe de l’époque –, menés par leur chef Ivan Khovanski, tentent de renverser le pouvoir. Le coup d’État est soutenu par les Vieux-Croyants, un groupe religieux traditionnel, opposé aux réformes du patriarche Nikon censées unifier l’Église Orthodoxe et en évacuer les pratiques archaïques. La Khovanchtchina serait une histoire de putsch raté, comme il en existe tant d’autres, si le mélange d’intrigue religieuses et politiques qui en font la trame n’en disait pas autant sur une Russie irrémédiablement partagée : entre l’idée du progrès et les sirènes de l’Europe, érigée en modèle par Pierre Le Grand d’un côté, et de l’autre, la tradition slavophile, entre idéal d’une Église moderne et unifiée, et la persistance de pratiques rituelles éparpillées sur le territoire. 

Ce sont ces paradoxes que tente de prendre en charge l’opéra posthume de Modeste Moussorgski. Fasciné par le folklore, il se fixe pour mission de faire revivre l’ancienne Russie. En résulte cet opéra, en effet très éloigné des normes occidentales, peu linéaire voire déconstruit. Le livret, qu’il a lui-même rédigé, tente de condenser une série d’événements qui ont eu lieu sur 16 ans, de la révolte de Moscou de 1682 à la répression des strelsty par Pierre Le Grand en 1698. Une fresque ambitieuse dont souffre un peu la cohérence de l’intrigue, éclatée en plusieurs arcs narratifs qui ne se rejoignent pas toujours.  

Assumant son aspect très classique, la mise en scène d’Andrei Serban n’en reste pas moins spectaculaire, notamment grâce à la création de costume, misant sur de forts contrastes de couleurs. Le cortège des Vieux-Croyants impose leur présence mystique par leurs longues chasubles noires. Les militaires, tout de rouge vêtu, s’opposent à leurs femmes, portant quant à elle des tenues beiges. Des images qui rappelle les liesses populaires peintes par Ilya Repine encore visibles il y a peu au Petit Palais de Paris.

 

 

> La Khovantchina, Modeste Moussorgski, du 26 janvier au 18 février, à l'Opéra de Paris