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L’œuvre totale mêlant musique, danse, théâtre et arts visuels a toujours été le fantasme de l’opéra. En ajoutant le cinéma à l’équation, Cyril Teste prolonge encore cette ambition. En 2004, le metteur en scène créé le collectif MxM avec un créateur lumière (Julien Boizard), un compositeur (Nihil Bordures), et un vidéaste (Mehdi Toutain-Lopez) pour développer ce qu’il nomme des performances filmiques : des films, réalisés et montés en temps réel, que le spectateur voit sur des écrans d’envergure suspendus au-dessus de la scène, où le tournage a lieu. Absences songeuses, regards préoccupés, visage pensif, pour aborder le personnage d’Hamlet et l’opéra que lui a consacré Ambroise Thomas, le direct se révélait moins pertinent. Mêlant des plans pré-enregistrés faisant la part belle au images oniriques aux séquences lives, la représentation nous plonge dans les projections du prince déshérité. Pour se rapprocher au plus près de cet être taciturne, nous avons suivi la caméra de Mehdi Toutain-Lopez. Rencontre avec celui qui conjugue l’art vidéo et art scénique. 

 

L’utilisation des écrans dans les arts vivants est-elle une évidence pour vous ? 

Ma génération a toujours connu l’image et les écrans. La présence de ce média sur scène ne me semble donc pas novateur, ce qui ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas dû apprendre à l’utiliser. Il y a un équilibre à trouver pour donner à l’image sa juste place. Il faut surtout que les comédiens et les chanteurs soient à l’aise avec la caméra. Elle ne doit pas être vécue comme une contrainte mais comme un outil au service de leur interprétation. 

 

Comment se prépare une performance filmique ? 

Je dirais qu’on interprète une partition, à la manière de musiciens. Une performance filmique implique tellement d’aspects artistiques et techniques (pour les comédiens, pour l’éclairage, pour la prise de son) qu’on se doit d’avoir un squelette écrit. Rien que le balai des cadreurs visibles sur scène, il se doit être pensé à l’avance pour qu’il se fasse oublier le plus possible.  Pour autant, il n’y a pas deux soirs où l’on joue le même spectacle : on est dans le cadre d’un spectacle vivant, le montage doit lui aussi être vivant. 

 

Avec Festen, une précédente création du collectif MxM, l’ambition était de réaliser un film en temps réel. Est-ce toujours le cas avec l’opéra Hamlet ? 

Je crois que l’opéra se prête moins à ce genre d’exercice. Dans une performance filmique on s’autorise à penser le placement des comédiens en fonction du rythme des images à l’écran. Dans le cadre de l’opéra, on travaille avec une matière musicale existante, avec un rythme existant, auxquels il faut toujours se rattacher. Il y a de nombreux passages live mais nous ne sommes pas allés au point de faire une performance filmique complète. 

 

Dans la pièce de Shakespeare, Hamlet passe par le théâtre pour faire passer ses idées politiques à la cour du Danemark. S’il avait été un personnage contemporain, pensez-vous qu’il aurait plutôt projeté un film ?

Le monde politique a fait sien un certain nombre d’outils cinématographiques. La communication visuelle des politiques est de plus en plus mise en scène, sa réalisation de plus en plus soignée. Cette manière de filmer est plus proche de la fiction que du documentaire. Pour cette raison, nous avons marqué l’investiture de Claudius [l’oncle d’Hamlet qui monte sur le trône à la mort de son frère] par ce symbole fort qu’est le tapis rouge, qui nous ramène autant aux palais royaux… qu’au festival de Cannes. 

 

Vous employez souvent le close-up, technique consistant à zoomer sur les visages. Qu’est-ce que cette manière de filmer apporte au personnage d’Hamlet ?

Le close-up met en exergue les sentiments, mais il nous donne aussi une vision hors du temps sur scène. Il nous donne la possibilité, scéniquement, d’accéder à un vocabulaire plus difficile à toucher en spectacle vivant. C’est là où se joue une complémentarité entre la vision scénique du spectateur et sa vision à travers le prisme de la caméra. 

 

Justement, comment les chanteurs réagissent à ces caméras braquées sur eux ? Ils n’y sont pas forcément accoutumés… 

Certains avaient déjà travaillé avec ce type de mises en scène, d’autres pas du tout. Dans la mesure où la caméra était présente dès les premiers jours de répétition, ils se sont vite habitués. Le fait d’intégrer la caméra dès le départ dans le processus de création permet qu’elle ait sa place… mais aussi qu’elle reste à sa place. 

 

 

Hamlet, Louis Langrée et Cyril Teste, du 24 janvier au 3 février à l’Opéra Comique, Paris