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28/11 > 06/12/2009 - BELFORT
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Festival EntreVues à Belfort
Du 28 novembre au 6 décembre se déroule à Belfort la 23e édition du festival EntreVues, ayant pour premier objectif la défense du jeune cinéma mondial. Aux programmes de compétition s’ajoutent de belles sections parallèles, parmi lesquelles une intégrale Adolfo Arrieta et une rétrospective dédiée au nouveau cinéma suisse.
Créé en 1986 par Janine Bazin, la femme du grand critique André Bazin, et dévolu en priorité aux premiers ou deuxièmes films, le festival de Belfort jouit d’une excellente réputation auprès de la gent cinéphile – réputation amplement méritée qui résulte d’une programmation de grande qualité. Pour en prendre la mesure, il suffit d’effectuer quelques clicks dans la rubrique Archives du site du festival. Si Janine Bazin est morte en 2003, sa griffe exigeante demeure apposée sur la ligne éditoriale du festival, dont la directrice artistique est aujourd’hui Catherine Bizern. Dans la continuité directe des éditions précédentes, la version 2009 d’EntreVues, qui aura lieu du 28 novembre au 6 décembre, ambitionne de refléter « un certain état du monde et un certain état du jeune cinéma mondial ». Regroupant courts et longs métrages venus du monde entier, les deux sections de compétition (fictions et documentaires) abritent une trentaine de films, tous représentatifs d’ « un cinéma qui tâtonne, invente, tente de se découvrir de nouvelles frontières et d’agrandir le champ des possibles pour les films mais aussi pour leurs spectateurs ». Parmi ces films se trouvent notamment Lenny and The Kids, le nouveau long métrage des New-Yorkais Josh et Benny Safdie, Domaine, premier long métrage de Patric Chiha (déjà repéré pour son moyen métrage Home) ou encore Le plein pays, moyen métrage documentaire d’Antoine Boutet très remarqué lors du dernier FID à Marseille.
A côté de ce copieux volet compétitif, EntreVues propose un vaste ensemble de films, répartis en diverses sections thématiques. Sous l’intitulé L’après-Vertigo, l’une de ces sections rassemble une quinzaine de films portant peu ou prou l’empreinte du classique d’Alfred Hitchcock, de La Jetée (1962) de Chris Marker à La Captive (2000) de Chantal Akerman en passant par La Sirène du Mississipi (1969) de François Truffaut ou Obssession (1976) et Body Double (1984) de Brian DePalma. Disciple revendiqué d’Hitchcock, DePalma fait par ailleurs l’objet d’une section spécifique, couvrant la première période de sa filmographie, de The Wedding Party (1966) à Phantom of the Paradise (1974).
Deux rétrospectives passionnantes figurent également au générique d’EntreVues 2009. L’une est consacrée à l’Espagnol Adolfo Arieta, personnalité mythique du cinéma marginal des années 1970, auteur notamment de Flammes (1978), conte fées (post)moderne interprété par Pascal Greggory et Caroline Loeb. L’autre met en lumière le nouveau cinéma suisse, observé à travers deux décades prodigieuses (1964-1984). Outre les principaux films – à commencer par les renversants Charles mort ou vif (1969) et La Salamandre (1971) – d’Alain Tanner, indéniable figure de proue, cette rétrospective rassemble des œuvres de cinéastes moins connus mais ayant joué un rôle non moins important dans l’émergence de la nouvelle vague helvète. Le public de Belfort a ainsi la chance de pouvoir découvrir des films aussi rares (dans tous les sens du terme) que Les Arpenteurs (1972) de Michel Soutter, La Paloma (1974) de Daniel Schmid (gracieuse rêverie incarnée par Ingrid Caven), La Dentellière (1977) de Claude Goretta (superbe adaptation du livre de Pascal Lainé, avec une Isabelle Huppert bouleversante) ou encore Les Indiens sont encore loin (1977), magnifique premier film de Patricia Moraz, interprété par Isabelle Huppert et la divine Christine Pascal, qui passa ensuite de l’autre côté de la caméra et qui, souvenons-nous, s’est suicidée le 30 août 1996, à l’âge de 42 ans.
> EntreVues, du 28 novembre au 6 décembre à Belfort.
Crédits photos : Une : L’Homme à la caméra, Dziga Vertov. Article : Domaine, Patric Chiha.
Jérôme Provençal |
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