Xavier Douroux devant une peinture de Rémy Zaugg en 2015 Xavier Douroux devant une peinture de Rémy Zaugg en 2015 © p. Stef Bloch

Hommage

Xavier Douroux, le co-fondateur du centre d’art Le Consortium et fondateur des éditions Les presses du réel, nous a quittés.

Par Valérie Da Costa publié le 30 juin 2017
 

 

Xavier Douroux nous a quittés. Depuis 40 ans, il occupait une place centrale dans le monde de l’art contemporain en France et au-delà. Cofondateur, avec Franck Gautherot du Centre d’art, Le Consortium, à Dijon en 1977, fondateur de la maison d’édition Les presses du réel, personnalités actives des Nouveaux Commanditaires, Xavier Douroux avait une énergie débordante et communicative, une vision engagée de l’art comme il en manque bien souvent. Il menait quantité de projets en même temps, rien ne semblait pouvoir l’arrêter…

On ne compte pas les nombreuses expositions qu’il a réalisées au Consortium et aussi dans d’autres institutions (la dernière étant une exposition sur Hans Hartung et les peintres lyriques à la Fondation Édouard Leclerc qui s’est tenue il y a quelques mois), les très nombreux titres qui constituent le catalogue des Presses du réel qui occupe aujourd’hui une place capitale dans la diffusion et la pensée de l’art moderne et contemporain. Compter parmi les écrivains de cette vénérable maison était une chose précieuse. Il avait réussi à réunir de jeunes auteurs et des auteurs confirmés, toujours dans la recherche d’un éclectisme du savoir, poussé par une curiosité intellectuelle hors pair sans jamais se préoccuper des résultats de vente d’un livre, ce qui est rare pour un éditeur.

Je me souviens de sa confiance, de son intérêt toujours enthousiaste pour de futurs projets éditoriaux, de sa culture immense.

À l’automne 2015, j’avais avec Bernard Blistène et Xavier Douroux présenté mon livre sur Pino Pascali au Centre Pompidou, Xavier Douroux avait été le premier à montrer l’œuvre de Pascali dans une institution française, c’était en 1987 au Consortium. Il en parlait toujours avec une incroyable connaissance historique, lui, entre autres choses, grand défenseur de l’art italien de Francesco Lo Savio à Luigi Ontani en passant par Piero Gilardi.

Pour toutes celles et tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui, son absence laisse un vide abyssal.

 

 

Valérie Da Costa, Rome, 29 juin 2017