<i>Patti Cake$</i> de Geremy Jasper Patti Cake$ de Geremy Jasper © D. R.
Critiques cinéma festival

Patti Cake$

Patti Cake$ de Geremy Jasper est une gentille série B, d’une naïveté à peine feinte et bourrée de bons sentiments. Une jeune rouquine rondouillarde du New Jersey, vivant avec mère et mère-grand, aspire à devenir une vedette du rap, au désespoir de sa mère, qui eut son quart d’heure de gloire comme chanteuse de country-blues.

publié le 30 mai 2017

 

 

Tandis que les uns moquent son physique ingrat et ses prétentions rebelles, sa grand-mère la conforte et l’encourage dans sa vocation. La nuit, elle écoute au casque son idole, un chanteur afro-américain ayant fait fortune dans l’industrie du disque. Le jour, elle assure des petits boulots de serveuse et écrit des poèmes dès qu’elle a un instant. À partir d’une trame narrative mettant en scène la petite bourgeoisie blanche et le sexe faible qui ne répond pas aux canons esthétiques en cours, la fiction s’ouvre aussi aux relations inter-ethniques, ce qui est relativement nouveau de la part d’une major comme la Fox connue pour un certain conservatisme.

On échappe heureusement à la romance sentimentale et le film devient, peu à peu, mine de rien, musical, avec des beats et des textes ou des flows dignes d’intérêt – un album est actuellement en préparation qui reprendra les tunes de la BO. On passe alors d’une version mise au goût du jour de Cendrillon à une success story dont le modèle reste A Star is Born de George Cukor (1954). Cette curiosité chinée par la Quinzaine vaut aussi par le talent de ses interprètes, Danielle Macdonald, Bridget Everett et Siddharth Dhananjay en particulier.

  

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