<i>Dog Eat Dog</i> de Paul Schrader, Dog Eat Dog de Paul Schrader, © D. R.
Critiques cinéma

Dog Eat Dog

Cannes 2016 (15/15)

Le long métrage le plus jubilatoire ou facétieux vu cette année à Cannes est sans conteste le film (d’humour) noir de Paul Schrader, Dog Eat Dog, interprété par l’efficient trio formé par Nicolas Cage, Willem Dafoe et Christopher Matthew Cook.

Par Nicolas Villodre publié le 1 juin 2016

Cage et Dafoe avaient déjà été partenaires dans Sailor et Lula (1990). Complétés par l’armoire à glace Matthew Cook, ils composent une équipée sauvage, sans aucun état d’âme, prête à tout pour réussir un coup, pourvu qu’il soit payant. Leur commanditaire, joué par Schrader lui-même, les charge de missions délicates à accomplir qui consistent généralement à encaisser des dettes pour un créancier s’impatientant, ce dont le gang branquignolesque s’acquitte parfaitement, sans se soucier des bavures au passage. Mais on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs.

Cette fois, il s’agit d’une opération plus délicate, pour ne pas dire taboue : le kidnapping du fils d’un gros client particulièrement récalcitrant. Les choses ne tournent pas tout à fait comme pouvaient l’espérer les pieds nickelés. Sur une trame aussi simple, Schrader parvient à mettre en scène un film d’une énergie rare, avec une quantité d’effets photographiques signés Alexander Dynan (colorimétrie déréglée, morphing sans objet, clignotements capricieux, etc.) rappelant l’ère psychédélique de la fin des années soixante et du début de la décennie suivante, un montage au cordeau de Ben Rodriguez Jr, et une économie de gestes proche de la chorégraphie.

Les dialogues sont tordants. L’opus fait une heure-trente-cinq. Les cinq minutes de trop montrent Cage s’invitant au purgatoire des malfrats, allant voir si j’y suis, sur fond de chorale gospel.

 

Dog Eat Dog de Paul Schrader, sortie française non annoncée.