pluridisciplinaire arts visuels

Les expos mai-juin 2017

Les mois indisciplinaires de Mouvement.net


01/05 > 01/07/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

 

 

Par La rédaction de Mouvement | publié le 2 mars 2017

 

 

 

HARRON MIRZA

(Aquarius), du 25 mai au 24 septembre au Life, Saint-Nazaire

Haroon Mirza, A Chamber for Horwitz; Sonakinatography Transcriptions in Surround Sound, 2015

Un ancien hangar à sous-marins pour plonger dans les dessous d’une société technophile et médiavore. Haroon Mirza, spécialiste des installations-collages à base d’objets quotidiens et de matières audio-visuelles glanées sur internet, explore au Life l’alliance prospère entre neurosciences et technologies militaires. Pour ce faire, il commence par couper le spectateur du reste du monde en le précipitant dans une chambre sourde…     

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EDGARD SARIN

Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble, jusqu’au 20 juillet au Collège des Bernardins, Paris

p. Mélanie Pottier

Edgar Sarin ne s’assume comme créateur que depuis quatre ans et tire déjà l’émancipation du spectateur vers son paroxysme. Chaque semaine pendant quatre mois, le jeune artiste accomplit des minuits, une danse ritualisée avec un certain nombre d’élus, à l’abri des regards. Au spectateur de jouer l’archéologue et de reconstituer l’histoire à partir de ses vestiges ou de se laisser simplement imprégner de leurs ondes. 

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ZIMOUN

Mécaniques remontées, jusqu’au 6 août au Centquatre, Paris

Zimoun & Hannes Zwelfel, 200 prepared dc-motors, 2000 carbroad elements, 2011 

Passer du matériau pauvre à une architecture spectaculaire, de la vue à l’ouïe, de l’anecdotique à l’universel, vice-versa et sans transition ? C’est là tout le talent de Zimoun qui étudie l’acoustique des espaces pour y faire pousser des structures immersives, sonores et évolutives. Cartons, bois, sacs en papier ou coton deviennent les alvéoles d’une immense cavité musicale. 

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ISMAÏL BAHRI

Instruments, du 13 juin au 24 septembre au Jeu de Paume, Paris

Ismaïl  Bahri, Sondes, 2017

Philosophe, Ismaïl Bahri s’étonne des détails les plus ordinaires voire insignifiants : il perçoit des potentiels dans un rai de lumière ou un grain de sable. Alchimiste, il joue avec les matières et observe : l’encre d’un journal se dissoudre au gré des froissements, les fibres d’une feuille se consumer après le passage de la flamme ou encore les vibrations d’une goutte d’eau sur la peau. Artiste, il filme et donne à contempler les micro-transformations de ces ensembles de cellules. Notre propre condition en somme. 

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MICHEL JOURNIAC 

« Rituel de transmutation » & Contaminations au présent, jusqu’au 27 mai au Transpalette, Bourges

Au moment où s’affirment les doctrines du libéralisme et de l’extrême droite, le Transpalette rend hommage à celui qui, à la fin des années 1960, a fait du corps un médium artistique en prise avec l’autoritarisme de la Ve République, la domination de la morale chrétienne et le fléau du Sida alors considéré comme « la maladie des homosexuels ». Les actions, peintures de sang et vidéos de Michel Journiac opposent à ces violences normalisées la pulsion de vie et l’anarchisme des corps. 

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JARDIN INFINI. DE GIVERNY À  L'AMAZONIE

jusqu'au 28 août au Centre Pompidou, Metz

Max Ernst, Pétales et jardin de la nymphe Ancolie, 1934

Si l'on peut croire les jardins enterrés par la modernité et le triomphe des espaces verts limitant le végétal à des zones fonctionnelles, l'exposition du Centre Pompidou Metz bat cette idée en brèche. Réunissant plus de 300 œuvres de la fin du XIXe à aujourd'hui, l'exposition, qui abrite quelques installations monumentales comme le Léviathan-main-toth d’Ernesto Neto, se poursuit dans les jardins municipaux de la ville. De quoi cheminer, de Giverny à l'Amazonie, sans quitter la Moselle.

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A WOLRD NOT OURS 

du 1er juin au 27 août à la Kunsthalle, Mulhouse

Sven’t Jolle, Sans papiers, 2005
 

Empruntant son titre au documentaire de Mahdi Fleifel sur le camp de réfugié d’Ein el-Helweh dans le sud Liban, l’exposition A World Not Ours, s’empare de la thématique de l’exil pour la questionner à rebours, dans son temps long. Sven’t Jolle se chargera du contexte avec ses installations capitalo-critiques ; le passage à l'action sera géré par Taysir Batniji et ses aquarelles symbolistes sur la résistance en Palestine. Et Aslan Gaisumov éclairera, de ses dossiers éventrés, l’enfer administratif qui attend les candidats au droit d’asile. Une exposition qui recoupe à elle seule le triptyque cher à Albert Hirschman, Exit, Voice and Loyalty.

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TALENTS CONTEMPORAINS

jusqu’au 10 septembre à la fondation François Schneider, Wattwiller

Travailler à partir du thème de l’eau équivaut à s’attaquer non seulement à l’un des éléments les plus symboliques de l’existence humaine, mais surtout à l’un des enjeux majeurs de nos sociétés. Le concours Talents contemporains réunit sept artistes pour mettre en perspective cet or bleu à l’aune de ses potentiels esthétiques, philosophiques et géopolitiques : Julie Chaffort à travers la dérive, Mathilde Lavenne à travers le rêve, Alex Seton et Zhang Kechun à travers le désastre.

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MUSIQUES À VOIR 

jusqu'au 17 septembre au Laac, Dunkerque

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Céleste Boursier-Mougenot, From here to hear, Installation 

Entre ciel et mer, au cœur d'un jardin d'eau, de pierre et de vent, le Laac de Dunkerque abrite Musique à voir, une exposition qui s'écoute autant qu'elle se regarde. À partir d'environ 150 œuvres et partitions du XXe et XXIe siècle, le compositeur et musicologue Jean-Yves Bosseur développe cinq axes de recherche artistique qui explorent les relations entre arts visuels et musique, convoquant une trentaine d'artistes tels Jean Tinguely, Yves Klein, Nam June Paik… 

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STOP MA PA TA 

du 4 juin au 17 septembre à la Villa Arson, Nice

Benjamin Deguenon, Stop Ma Pa Ta, 2015

À la Villa Arson de Nice, 14 artistes béninois du centre d’art de Lobozounkpa à Cotonou présentent leurs œuvres, comme cette pirogue ancestrale remplie de têtes de poupées (voudou) de Gérard Quenum ou cette sculpture traditionnelle engoncée de bidon en plastique de Richard Korblah. Intitulé Stop Ma Pa Ta, ma matière première n’est pas ta matière, l'exposition jette un regard ironique, malicieux et contemporain sur les agissements des multinationales occidentales, russes ou chinoises en Afrique

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DES MONDES AQUATIQUES

jusqu’au 11 juin au Ciap, Vassivière

Jessica Warboys, Sea Painting, Duwich, Summer 2011

Le Ciap part à l’abordage du milieu aquatique, allègrement sacrifié par l’activité humaine. Les monstres mythiques comme le Léviathan – titre du film de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel sur le quotidien des pêcheurs – ou les sirènes (Suzanne Husky), sont confrontés à leurs réalités contemporaines : Des espèces marines mutilées par la radioactivité (Tetsumi Kudo), qui se sont adaptées aux métaux lourds (Daniel Schlier).

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TRIS VONNA-MICHELL

Ponctuation & Perforation, jusqu'au 1er juillet à La Verrière, Bruxelles

Ponctuation & Perforation. Conçue comme un paysage, l'installation se parcourt de projections de films en photographies, au gré des sons et des objets. Et s’il reste muet, la bande-son de son film Register, narration anachronique composée d'images d'un voyage au Japon en 2008, occupe l'espace. La seconde vidéo donne son nom à l'exposition et illustre l'idée de Poésie balistique, où l'impact de l’œuvre prime sur son interprétation

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SAÂDANE AFIF 

The Fairytale Recordings, du 19 mai au 24 septembre au Frac, Besançon

Saâdane Afif, Nr.1 Ghost, 2011

Scénario : Le plasticien Saâdane Afif philosophe en silence devant une vanité, pendant de longues heures, essayant de trouver le moyen de contrer la mort qui guette. Son plan pour répondre à ses questions existentielles : une série de huit vases renfermant la voix de la cantatrice Katharina Schrade et scellés par des couvercles sur lesquels des figurines à l’effigie de la performeuse pétrifient ses attitudes. Casting : Tom Morton, Lili Reynaud-Dewar, Mick Peter, Ina Blom et Tacita Dean à l’écriture des chansons ; la Manufacture de Porcelaine de Nymphenburg à la fabrication des urnes.

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GREGORY CREWDSON

du 20 mai au 17 septembre au Frac, Clermont-Ferrand

p. Gregory Crewdson

De mobil-home crasseux en Cadillac déglinguées, le photographe Gregory Crewdson poursuit sa méticuleuse entreprise de destruction du rêve américain ; jusqu’aux vieux volcans du Puy-de-Dôme, où il fait son entrée dans la collection du Frac Auvergne qui lui dédie une exposition dans la foulée. L’occasion d’aller se confronter à son style, exubérant et quasi-cinématographique, et de culpabiliser en se rinçant l’œil sur l’esthétique crépusculaire des crises économiques.

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EFRAT SHVILI

The Jerusalem Experience, du 2 juin au 20 août au Centre de la photographie, Genève

En 2014, la secte brésilienne de l’Église universelle du royaume de Dieu s’est payée pour 230 millions d’euros une réplique du temple de Salomon à São Paulo, à partir de pierres importées d’Israël. Efrat Shvili part de cet événement et fait dialoguer la propagande du puissant courant évangélique avec la communication touristique de la ville de Jérusalem, à destination des pèlerins. Une mise en perspective qui questionne la marchandisation de la foi et ses raccourcis historiques aux conséquences imprévisibles.