pluridisciplinaire

L'agenda du 16 au 22 septembre

La semaine indiciplinaire de Mouvement.net


16/09 > 22/09/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

Par La rédaction de Mouvement | publié le 4 sept. 2017

 

 

 

FRANCOPHONIES EN LIMOUSIN

du 20 au 30 septembre

Avec une programmation franche et sans détour, le festival charge de front ce que notre époque ravive de plus vilain. La 2b Company s’amuse avec sa Conférence de choses sur les écueils d’un savoir mégalo, pendant que le Raoul collectif examine sans moins de malice les problématiques de l’individu face au groupe. Chorégraphie politique avec DeLaVallet Bidiefono qui travaille à la construction (Monstres, on ne danse pas pour rien). Un focus sur la création tunisienne sera l’occasion enfin, d’ouvrir une réflexion plus large sur l’impact physique et symbolique d’un soulèvement collectif.

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GRANDE-

du 19 spetembre au 11 octobre au Centquatre, Paris 

De leur rupture, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel ont tiré la matière de leur dernière œuvre totale. Empruntant sa forme fragmentée au music-hall, Grande- mixe les registres et les disciplines pour traverser, avec une délicatesse à pleurer, les mystères de l’amour, des obsessions, des échecs et du temps qui passe. Un bijou présenté du 19 septembre au 11 octobre au Centquatre, Paris.

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CRAK FESTIVAL

du 21 au 23 septembre à l’Église Saint-Merry, Paris

Vous n’y prêterez peut-être pas attention au premier regard : cette petite église, coincée entre le Centre Pompidou et la place du Châtelet, abrite une scène au faîte de l’expérimentation sonore et performative. Pour preuve, le festival Crak invite John Tilbury, le grand gourou de la musique improvisée et minimale, à diriger l’Orchestre de Nouvelles Créations, Expérimentations et Improvisation Musicales pour une traduction sonore de Beckett. C’est aussi l’occasion de célébrer quelques premières françaises : Hanna Hartman qui cuisine de la musique concrète à base d’amidon en décongélation, et Jon Gibson qui casse la perpétuation dogmatique du répertoire de Philip Glass et Steve Reich.

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L’ABBAYE EN MOUVEMENT

les 16 et 17 septembre à l’abbaye de Royaumont, Asnières-sur-Oise

À l’occasion des journées du patrimoine, l’abbaye de Royaumont invite cinq pièces chorégraphiques à se glisser au sein – et hors – des murs de cet ancien monastère cistercien. Avec Kromos / spin-off, Julien Andujar et Audrey Bodiguel cherchent des candidats à la colonisation de la planète Mars par le biais d’une émission de télé-réalité. Et avec son quatuor musical et chorégraphique + - / , = _ ; x %, Jerzy Bielski pose une ambiance « salle de crise d’une grosse multinationale » et insuffle un élan de compétition.

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BIEN FAIT !

du 17 au 28 septembre à Micadanses, Paris

Cartable bouclé et nouveau look dégainé : ouvrez vos cahiers, Micadanses fait sa rentrée. Louis Barreau, fraîchement débarqué sur la scène contemporaine, noircit des lignes de déclinaisons géométriques et fait muter les droites en courbes. Dans le cours d’histoire de madame Rizzo, on suivra les traces du roi Louis PI / XIV. Après la récré, pas de pitié pour les cancres avec Raphaël Soleilhavoup qui exécute l’ubérisation du travail en faisant faire le travail de huit personnes à huit, puis sept, puis six personnes… De quoi réviser notre latin « etcetera ».

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SCOPITONE

du 20 au 24 septembre à Nantes

Depuis 15 ans, le festival Scopitone organisé par Stéréolux valorise les mutations et la transversalité des arts numériques : entre culture pop et expérimentations de haute volée. Cette année, la figure humaine s’incline. La nuit : une symphonie pour verres à pied (Myriam Bleau) et un ballet pour miroirs (Nonotak). Le jour : une battle Dj versus I. A. (Qosmo), une séance d’exorcisme par stimulations lumineuses (Nikki Hock), un aperçu des situations absurdes entre objets domestiques, laissés en roue libre (Samuel St-Aubin).

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DES TOILES DANS LA VILLE

du 21 septembre au 17 décembre à Tournai, Lille et sa métropole

Dans toute la région lilloise, une émulsion circassienne s’évertue à réinjecter poésie et chaleur humaine dans les âmes et dans les rangs. Un soir chez Boris (Olivier Debelhoir) met du baume au cœur, pendant que Le Dedans des choses (cie La Fabrique - Nadia Ghadanfar) et Ouïe de Ludor Citrik & Pollu prêtent l’oreille au seul moment qui nous lie. Accalmie sensible avant la tempête comique, insufflée par More Aura de Véronique Tuaillon et Dad is dead des Mathieu ma fille Foundation. 

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FESTIVAL MONDIAL DES THEATRES DE MARIONNETTES

du 16 au 24 septembre à Charleville-Mézières

Charleville tient bon la barre et présente une fois encore les théâtres de marionnettes dans toute leur diversité. Renaud Herbin et Agnès Limbos, « artistes fil rouge » de cette édition, promettent à eux seuls des théâtres d’objets sensibles et incisifs. Avec une attention particulière à la création finlandaise, l’édition 2017 interroge la notion d’habitat dans ce qu’elle peut avoir de plus subtil, et de plus cruel aussi. Les cies La Mue/tte et Les Anges au plafond ne manqueront pas, enfin, de rendre l’ensemble un peu plus actuel encore. 

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CIRCULAR

du 22 au 30 septembre à Vila do Conde, Portugal

À quelques encablures de Porto, dans une ville paisible que rien ne destinait à ce rôle, se déroule l’un des festivals les plus intéressant du Portugal. Depuis 12 ans, Paulo Vasques et Dina Magalhães y invitent la fine fleur des arts chorégraphiques et performatifs européens à présenter leur travail, sur scène et dans des lieux qui ne sont pas consacrés. Le chorégraphe Miguel Pereira débarrasse la notion de « négociation » de ses significations économiques et diplomatiques pour faire bouger les lignes de la relation performeur / spectateur. Bruno Senune plonge dans la noirceur du chaos. Changeant de couleur, Ana Pi se demande pourquoi les civilisations passées n’avaient pas de mot pour dire la couleur bleu. 

 

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ET ENCORE 

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NEW SETTINGS

du 13 septembre au 21 décembre à Paris

Furtive, la 7e édition de New Settings se faufile aux quatre coins de Paris pour révéler les artistes sous des visages qu’on ne leur connaissait pas. Ainsi, la photographe SMITH s’aventure vers la chorégraphie (avec Matthieu Barbin) pour repousser les limites de son œuvre cubiste Traum. La performeuse Tania Bruguera et le plasticien Théo Mercier s’essaient respectivement pour la première et seconde fois à la scène. Quant à Annie Dorsen, elle imagine une « création théâtrale algorithmique ».

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JERK OFF

du 14 au 23 septembre à Paris

Pour son 10e anniversaire, Jerk Off continue de fabriquer un espace-temps précieux au sein duquel se lient des narrations, des projets, corps et identités queer – dans ce que cet « étrange » a de plus désirable. Parmi des propositions pluridisciplinaire, avec Lâche, la chorégraphe Mélanie Perrier boucle son triptyque sur l’amour et le désir ; passant par sa langue natale, le performeur Sorour Darabi donne à voir, avec Farci.e, les impasses genrées de la langue française et Alejandro Flores Mora explore, avec Call Me, un moment singulier où corps rime avec pouvoir. 

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FESTIVAL D’AUTOMNE

du 13 septembre au 31 décembre à Paris

Manuel de survie à l’attention des spectateurs.

1. Se laisser guider par le ciel : la comète éruptive Vincent Macaigne brûle ses rêves d’adolescent (En manque, et Je suis un pays) ; la dérangeante constellation du plasticien et réalisateur Harmony Korine est exposée à Pompidou ; la mystérieuse éclipse de lune de Romeo Castellucci part aux origines de la démocratie.

2. Prendre les tabous à bras-le-corps : Dorothée Munyaneza (Unwanted) et Laila Soliman (Zig Zig) se demandent ce que la guerre fait au corps des femmes.

3. Faire confiance à la nuit : en allant cluber avec Gisèle Vienne (Crowd).

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LE CAMION

de Marine de Missolz, du 12 au 23 septembre au TNS, Strasbourg

Prenant appui sur le film Le Camion de Marguerite Duras, la metteure en scène Marine de Missolz questionne l’art expérimental et les objets artistiques avant-gardistes qui ont bouleversé des générations de regardeurs et de critiques, suscitant souvent mépris et levées de boucliers. Infusé de parodie et d’autodérision, Le Camion déploie, avec ses trois comédiens, toute la poésie et la finesse de Duras.

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VINCENT MACAIGNE

du 14 au 29 septembre au Théâtre Vidy, Lausanne

L’enfant terrible du théâtre français fait sa rentrée des classes en Suisse. Au programme : une nouvelle création (Je suis un pays), une forme courte immersive (Voilà ce que jamais je ne te dirai) et un premier long métrage (Pour le réconfort). Après ses adaptations de Shakespeare et Dostoïevski, explosives et hallucinées, un tournant semble s’opérer vers une écriture plus intime. Pourtant, les mêmes thèmes traversent son œuvre : la fuite de l’idéal, les rêves déchus, et cette rage envers et contre tout, de ceux qui refusent de baisser les armes. 

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SOIRÉES NOMADES

jusqu’au 29 septembre à la Fondation Cartier, Paris

Quand le solo Finir en beauté de Mohamed El Khatib s’achève sur scène, c’est dans le jardin, et plus précisément sur les sièges d’une Renault 12 que commence un road-movie pour quatre spectateurs, d’Orléans à Tanger (le 11 septembre). Achevant à la fin du mois son cycle Soirées nomades, la Fondation Cartier invite David Levine à une lecture de son essai Matter of Rothko avec, en seconde partie, une performance des Sœurs h et Maxime Bodson (Je ne vois de mon avenir…, le 18 septembre) C’est avec MOAB (mother of all the bombs) que Jean-Yves Jouannais boucle la boucle au musée des Invalides, ajoutant une pierre à son Encyclopédie des guerres.

 

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C'EST BIENTÔT LA FIN

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JAN FABRE

Sang, viande crue, orgies et toges blanches, les 15 et 16 septembre, Jan Fabre occupe la Villette de Paris avec Mount Olympus, une pièce de 24h. Pour « glorifier le culte de la tragédie », les 27 interprètes livrent un sombre monde de dieux et de héros, un univers intense et violent qui ne craint pas plus la démesure que son démiurge contemporain.

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LÉVITATION

les 15 et 16 septembre au Quai, Angers

L’improbable liaison Austin, Texas – Angers, Maine-et-Loire est rétablie le temps du week-end le plus psyché de cette fin d’été avec la nouvelle édition du Lévitation, version française du célèbre festival américain. Une programmation aux petits oignons où se croiseront, entre autres, les japonais d’Acid Mothers Temple, l’ineffable branleur de Nathan Roche et ses potes du Villejuif Underground ou encore les New-yorkais de Beach Fossils. Cerise sur le space cake, le line-up accueille l’unique prestation des mythiques shoegazers de Slowdive dans l’Hexagone.
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HOP POP HOP

les 15 et 16 septembre à Orléans

Le jeune et sautillant festival orléanais Hop Pop Hop entend bien bouter la morosité hors de France – et du mois de septembre – en ralliant de preux défenseurs des musiques actuelles, issus du circuit alternatif. D’Acid Baby Jesus à Will Samson en passant par Bajram Bili, Cocaïne Piss et Dat Politics. Cette 2e édition s’annonce tout feu tout flamme.

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CONSTELLATIONS

du 13 au 17 septembre à Toulon

Constellations met à l’honneur le chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing. Connu pour ses explorations de la « vallée dérangeante » – cette zone obscure où il devient quasi impossible de distinguer l’homme du robot – il présente School of Moon, une pièce pour enfants et androïdes. Également fasciné par les nouvelles technologies, il propose une étape de sa recherche chorégraphique sur les drones : Phoenix.

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BERLIN ART WEEK

du 13 au 17 septembre à Berlin

Créée en 2012, la Berlin Art Week a vite pris de l’ampleur et compte désormais parmi les principales manifestations artistiques internationales. Au cœur de cette 6e édition se trouvent Art Berlin et Positions Berlin Art Fair, deux foires couvrant un large spectre géographique et artistique. S’y ajoutent de nombreuses expositions disséminées à travers la ville – par exemple, Portrait of a Nation qui rassemble des artistes émiratis. Une place de choix est réservée aux images en mouvement, via notamment un festival de films d’artistes, une rétrospective Harun Farocki et une exposition consacrée à Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, doublée d’une rétrospective de leurs films.

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LE TEMPS D'AIMER

du 8 au 17 septembre à Biarritz

Lorsqu’elle disait : « Ma première idée du mouvement de la danse vient du rythme des vagues », Isadora Duncan pouvait-elle imaginer meilleur terrain de jeu que Biarritz ? Manœuvrant justement entre les sports et la danse, Michel Kelemenis crée un espace hybride qui déplace les usages de ces disciplines (Rock & Goal). Au théâtre du Casino, Martin Harriague monte d’un étage avec Pitch et déclare son amour à Tchaïkovski alors que la serbe Dunja Jocic dresse le portrait d’un Andy Warhol schizophrénique (Don’t Talk to Me in My Sleep).

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LA BÂTIE

du 1er au 16 septembre à Genève

Oscar Gómez Mata et Mohamed El Khatib, invités de cette édition, plongent dans les absurdités du monde du travail et interrogent ce qu’il fait à nos corps. L’un avec une adaptation scénique du film de Lars von Trier Le Direktør, l’autre en faisant monter sur scène une femme de ménage, Moi, Corinne Dadat. Marcelo Evelin avec Dança Doente – danse malade – et Nadia Beugré avec Tapis rouge, insistent : à société malade, corps malades. Direction donc, le cap de la furieuse libération des corps avec Bacchantes–Prélude pour une purge de Marlene Monteiro Freitas et El Baile de la sensible Monnier. Subliminal et nécessaire.