pluridisciplinaire

L'agenda du 12 au 18 juin

La semaine indiciplinaire de Mouvement.net


01/06 > 30/06/2017 -DANS TOUTE LA FRANCE

Propositions culturelles à se jeter derrière la cravate

Par La rédaction de Mouvement | publié le 15 mai 2017
<i>The last king of Kakfontein</i> de  Boyzie Cekwana The last king of Kakfontein de Lungile Cekwana © Lungile Cekwana

 

 

CHAHUTS

du 14 au 17 juin à Bordeaux

La politique est un spectacle, comme l’a très bien illustré la campagne présidentielle qui vient de s’achever et celle des législatives en cours. Le festival Chahuts renverse l’énoncé du problème avec des spectacles politiques. Il s’ancre dans la réalité socioéconomique d’un territoire et de ses habitants – le quartier Saint-Michel à Bordeaux – en y ouvrant un espace de parole, en y organisant des performances collective (comme monter des barricades dans les rues avec Julien Fournet) ou en y proposant des déambulations décalées. Sortis de leur résidence dans le cadre du projet CAMPAGNE, Gaëlle Bourges dévoile Quelques détails sur le bon et le mauvais gouvernement, le chorégraphe Jean Magnard réinjecte une positivité dans la parole en la faisant naître au cœur de l’action, le collectif OS’O ouvre un Marathon d’écriture, histoire de coacher les lanceurs d’alerte qui sommeillent en nous. Un avertissement ? 

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ART, VILLES & PAYSAGE

du 17 juin au 15 octobre à Amiens et environ

Le long des affluents de la Somme, la Maison de la culture d’Amiens met les jardins des Hortillonnages en partage pour un parcours, pédestre ou en barque, au cœur de la nature façonnée par la main d’humains un peu artistes. Au détour des étangs et des îles, on découvre les 45 créations d’une multitude de créateurs paysagistes, architectes ou plasticiens qui, seuls ou à plusieurs, s’amusent à se fondre dans le paysage ou au contraire à le sublimer, jouant des perspectives, des couleurs et des matières pour mieux le révéler.

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FESTIVAL DE MARSEILLE

du 15 juin au 9 juillet à Marseille

 

 

Avec une programmation internationale qui entre en écho avec la diversité de sa ville, le Festival de Marseille pose les questions qui fâchent et brandit les non-dits : avec Sanctuary de Brett Bailey et The Last King of Kakfontein de Boyzie Cekwana, deux générations de chorégraphes sud-africains sondent l’élan communautaire. Bruno Beltrão explore l’actualité symbolique de la marche en pleine crise migratoire pour sa dernière création, tandis que Jérôme Bel ou Meg Stuart (Compagnie, Compagnie et Until Our Hearts Stop) esquissent quelques sociétés autonomes.

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Nourri par un processus collaboratif invitant chorégraphes et dramaturges, Manuela Bernasconi présente son Solo bêtes d'amour le 17 juin au théâtre Sévelin 36 à Lausanne. Ce « solo collectif » nous emmène aux portes de la mort : Shemira entre en contact avec Lazare, son amant à l’agonie. Mais celui-ci ressuscite et laisse son amour dans la solitude et le désespoir.

 

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 ÇA CONTINUE 

 

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TOURS D'HORIZONS

du 10 au 23 juin à Tours

Les horizons artistiques, ces fameux « champs des possibles », se cognent aux exigences d’ « innovation », de « compétitivité », de « projet culturel », de « marché unique du numérique et de la culture » pour reprendre les formules Macron. Le festival de danse Tours d’horizons organisé par le CCNT choisit d’arrêter là cette fuite frénétique vers l’entreprise culturelle qui fait oublier le principal : pourquoi l’art ? Il serait temps de faire un « tours d’horizons des mémoires » pour se rappeler ce qui a construit les arts chorégraphiques, leurs tâtonnements, leurs incertitudes, leurs actes politiques, notamment à travers des créations inédites. L’indisciplinaire Christine Bastin revient aux fondamentaux les plus infimes et pourtant essentiels : l’appui, première connexion entre un corps et son environnement (L’infiniment dedans). Claire Haenni se fait passeuse entre le chorégraphe et pédagogue Jacques Patarozzi et des amateurs pour rappeler que la danse c’est d’abord une curiosité pour le corps de l’autre. Curiosité aussi pour les arts voisins – plastiques et poétiques – comme l’affirme Gaëlle Bourges avec sa variation autour du portrait de Balzac en robe de chambre peint par Louis Boulanger. L’innovation, une vaste blague marketing ?

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LATITUDES CONTEMPORAINES

du 7 juin au 9 juillet à Lille et alentours

 

 

Branché sur une prise de courant alternatif, cette 15e édition de Latitudes contemporaines oscille entre saisissement de nos inquiétudes et interrogation de nos révoltes. Avec Oblivion Sarah Vanhee nous place face à ce que l’on met au rebut. Hate Radio de Milo Rau plonge au cœur du studio de la Radio mille collines, rouage de la mécanique génocidaire au Rwanda. Lisbeth Gruwez sonde la peur dans We’re Pretty Fuckin’ Far from Okay et Yuval Rozman s’empare de la vaste question de la sécurité dans l’espace public, avant qu’El Conde de Torrefiel ne prenne par deux fois la ville d’assaut.

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MANIFESTE

du 1er juin au 1er juillet à Paris 

Pour le festival ManiFeste, l'IRCAM s’allie au Musée d’art moderne et au Centquatre pour organiser la rencontre des arts du temps et des arts visuels. Du danseur et chorégraphe Wim Vandekeybus à la clôture au Centre Pompidou avec l'ensemble Ulysses dirigé par Heinz Holliger en passant par une conférence « Temps et musique » au Collège de France ou un concert électronique sur la Piazza Beaubourg, les installations de ManiFeste explorent la transversalité et annoncent le dépassement de la séparation entre l’art à destination d’un spectateur, d’un visiteur et d’un auditeur.

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PRINTEMPS DES COMÉDIENS

du 30 mai au 1er juillet au Domaine d’O, Montpellier

De sa langue caverneuse, l’auteur-metteur en scène Charly Breton entremêle quatre récits dans Les restes, liant autant de trajectoires déclassées et pleines de furie ; Romeo Castellucci choisit la parabole dans Democracy in America ; les Dakh Daughters et Stéphane Ricordel amènent leur cabaret ukrainien (Terabak de Kyiv) ; Sylvain Creuzevault réinvente Faust dans Angelus Novus ; Isabelle Huppert lit Sade… durant plus d’un mois, le Printemps des comédiens déploie performance, danse, cirque, théâtre pour fêter le printemps comme un début d’été.

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LES NUITS DE FOURVIÈRE

du 1er juin au 5 août à Lyon

Depuis plus de 70 ans, le festival du primat des Gaules, dont la scène principale est montée sur les ruines d'un théâtre gallo-romain, propose un projet artistique singulier avec pour seule boussole la qualité artistique des projets et leur inscription sur la scène internationale. Cirque, danse, musique, opéra et théâtre se côtoient durant deux mois pour plus de 60 représentations. Résultat, Arcade Fire salue Paolo Conte, Alt-J et Foals se marrent avec Lorraine de Sagazan, ses Démons et sa Maison de poupée. Goran Bregović avec L'Homme cirque aka David Dimitri tandis qu’Aurélien Bory sort son indémodable Plan B. Tout cela sous le regard du Cheikh Sidi Bemol, qui chante les marins kabyles.

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FESTIVAL DES CAVES 

jusqu’au 24 juin, partout en France

 

 

70 ans après le début de la décentralisation théâtrale de 1946, chaque département compte au moins un centre dramatique. Mêlant création, spectacles d’école et de partenaires au long cours, la 12e édition du festival des caves célèbre ce mouvement, animé du désir de faire théâtre partout et autrement. De caves vigneronnes en demeures séculaires, dans 92 communes de France, l’occasion de retrouver Tiago Rodrigues, Louise Lévêque ou encore Angélica Liddell… 

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LE PRINTEMPS DES LABORATOIRES

jusqu’au 7 juillet aux Laboratoires d’Aubervilliers

Après s’être emparés des thèmes du travail, de l’espace public et des psychotropes, les Laboratoires d’Aubervilliers s’aventurent vers les perceptions extra-sensorielles. Que se passe-t-il en deçà et au-delà de ce que notre raison nous explique ? Leur 5e Printemps sera l’occasion, entre autres événements, de livrer quelques conclusions avec Josep Rafanell i Orra (auteur d’En finir avec le capitalisme thérapeutique), qui seront augmentées et éditées dans leur excellent Journal, à paraître en janvier 2018.

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SHEZAD DAWOOD

du 10 mai au 24 septembre à la Biennale de Venise

Le réalisateur Shezad Dawood dévoile les trois premiers épisodes (sur dix) d’un film-épopée encore un cours de réalisation, qui anticipe un futur cataclysmique. Un film en forme de collage, mêlant images documentaires et prises de vue dans une île abandonnée de la lagune vénitienne. Derrière la figure du « survivant » mise en scène dans le film, se dessine celle du « migrant », soumis à un chaos politico-économique annoncé par le titre : Léviathan.

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FOCUS ARGENTINE 

du 4 mai au 7 octobre à la Comédie de Caen et au Teatro Nacional Cervantes de Buenos Aires

1. En Argentine, si copier c’est mal, Copi, c’est mieux. Surtout lorsque l’œuvre du dessinateur et dramaturge franco-argentin est adaptée à la scène par Marcial Di Fonzo Bo (Eva Perón et L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer) et par Pierre Maillet (La Journée d’une rêveuse (et autres moments)).

2. Si l’on souhaite se soustraire aux idéologies qui sous-tendent les récits alarmistes et rétrogrades bien en vogue dans les vieux esprits de la jeune Europe, l’auteur et metteur en scène Rafael Spregelburd propose Fin de l’Europe.

 

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 C'EST BIENTÔT LA FIN 

 

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UZÈS DANSE

du 10 au 17 juin à Uzès

 

Comme chaque année depuis 22 ans, c’est à Uzès que se lance l’été des festivals. Signe d’inquiétude, d’urgence ou de nostalgie, le fil rouge du temps et de sa matière complexe traverse cette édition 2017. Au cœur du présent et de sa densité affective, David Wampach déploie les impérieux affects de six corps (Urge). Regards vers le passé pour Malika Djardi et Martine Pisani. La première convoque le souvenir de sa mère avec Sa prière. La seconde traverse sa carrière à rebours, se plongeant dans ses pièces pour en isoler des motifs, des obsessions et arracher aux logiques de la pérission une nouvelle création-condensation de toute son œuvre (Undated).  Quant à Gaëlle Bourges et Lea Moro, elles prennent de la hauteur pour penser notre époque. L’une s’empare – à partir d’un texte de Patrick Boucheron – de l’état sécuritaire. Plus léger mais non moins inquiétant, la seconde s’interroge sur les diktats contemporains des corps : fit, healthy mais surtout FUN !

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LE SPORT EST UN ART

du 19 mars au 18 juin au Cac Meymac

La Corrèze enfile slip de bain, baskets, gants de boxe et raquettes pour explorer les rapports sinueux qui lient le sport à l’art. Sauf à se remémorer l’Antiquité et ses pièces foisonnantes d’abdominaux bandés, des scènes de lutte virile et des lancers de disques musculeux… ou les rameurs et baigneurs de la période moderne, les athlètes se font plutôt discrets du côté de la création. Caroline Bissière & Jean-Paul Blanchet, avec Eglantine Bélêtre proposent une plongée, tous médiums confondus, dans le corps en action.

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du 12 mai au 17 juin en Seine-Saint-Denis et à Paris

 

 

La Seine-Saint-Denis se fait l’hôte d’une programmation déterminée qui interroge à raison nos hospitalités. Les deux solos du collectif MaHa se répondent, l’un réveillant la danse traditionnelle persane, bannie durant plus de 40 ans, l’autre fouillant l’époque des rois iraniens aux nombreuses épouses. Mallika Taneja, venue d’Inde, poursuit la réflexion sur le corps des femmes. Avec Thoda Dhyaan Se (Be Careful), elle signe une pièce qui refuse la discrétion imposée. Sweet Tyranny de Pere Faura agit comme le présage d’une danse docile, qui oscille entre extase et assujettissement. Et si nous conjurions la peur en se laissant envahir par les palpitations du Dj Boris Kopeinig et l’intensité des interprètes de Doris Uhlich ? Il est temps d’activer le trio danse-transe-résistance.

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SPECTACLE

L’un s’abandonne entièrement tandis que l’autre l’active dans une manipulation au corps-à-corps. Du 13 au 15 juin aux Subsistances à Lyon, le duo Alexander Vantournhout et Bauke Lievens explore avec le « faux solo » Raphaël (Dummy) la tendresse et la perversion qui se jouent lorsque la force ne se heurte à aucune résistance.

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JUNE EVENTS 

du 1er au 17 juin au CDC Atelier de Paris, Vincennes

 

Hard to be Soft / Episode One : Lazarus and The Birds of Paradise de Oona Doherty

 

Danse, calme et volupté. L’Atelier de Paris invite au voyage chorégraphique. Une soirée pour prendre de la hauteur avec l’italienne Francesca Foscarini, se faire happer par l’aura urbaine venue d’Irlande d’Oona Doherty et frôler la transe, selon la méthode suisse de Cosima Grand. Retour dans la Bretagne bousculée par les impertinents Erwan Keravec et Mickaël Phelippeau. En extérieur, Madeleine Fournier et Jonas Chéreau dansent Partout, quand Romain Bertet joue l’archéologue d’un grand cube d’argile : une exploration du rapport à la terre nourricière, pour nous qui venons tous De là-bas.

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CÔTÉ COURT

du 7 au 17 juin au Ciné 104, Pantin

Ardent défricheur d’un cinéma qui fuit les compromis, le festival Côté court présente sa 26e édition. L’occasion de découvrir Les Îles de Yann Gonzalez (dont on suit le parcours depuis ses insolites Les Rencontres d’après minuit), une collaboration prometteuse entre Benjamin Crotty et Bertrand Dezoteux, artistes-cinéastes adeptes du détournement pop ou encore un road movie intimiste signé Valérie Mrejen et Bertrand Schefer. Outre une section expérimentale, la compétition s’enrichit d’un volet « nouveaux médias ». Petits arrangements avec le réel et visions oniriques irradieront les rétines à travers une centaine de films, tous genres confondus. Et si la forme courte incarnait l’avenir du cinéma le plus audacieux ?

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ZONES PORTUAIRES

du 7 au 13 juin à Saint-Nazaire et alentours

 

Born to be blue de Robert Budreau, un film hommage à Chet Baker

 

Le festival de cinéma Zones portuaires revient cette année avec la même bonne idée : aborder des problématiques spécifiques aux villes portuaires, en apportant un regard spécifique sur une ville invitée. Pour cette 3e édition et après un été 2016 consacré à Athènes, Zones portuaires se tourne vers New York, port de toutes les cultures. Au programme des projections de classiques comme La Cité sans voiles de Jules Dassin ou West Side Story, mais aussi des avant-premières, des inédits... Il se murmure qu'Abel Ferrara a répondu favorablement à l'invitation. Peu de chance en revanche qu'il vienne en bateau.